L'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) vient de publier deux expertises confirmant la toxicité importante des fluoroquinolones, une famille d'antibiotiques pourtant encore largement prescrite en France... Ces médicaments, bien qu'efficaces contre certaines infections bactériennes, présentent des risques d'effets indésirables graves nécessitant une vigilance accrue.
L'ANSM a recensé 736 cas d'effets indésirables graves entre 2017 et 2023. Les patients peuvent développer des tendinopathies, une faiblesse musculaire ou une neuropathie périphérique. Ces complications, bien que rares, peuvent être invalidantes et parfois irréversibles. Les personnes âgées sont particulièrement vulnérables à ces effets, notamment en cas d'insuffisance rénale ou de prise concomitante de corticoïdes.
Les médicaments à base de fluoroquinolones incluent notamment l'ofloxacine, la ciprofloxacine, la norfloxacine ou encore la moxifloxacine. Ces antibiotiques sont prescrits pour traiter diverses infections, mais leur profil de sécurité impose désormais des restrictions. L'ANSM souligne que le rapport bénéfice-risque reste favorable uniquement pour les infections graves, lorsqu'aucune alternative thérapeutique n'est disponible et qu'un pronostic vital est engagé.
La surveillance des professionnels de santé a permis de constater que le risque de survenue d'effets graves augmente particulièrement lors d'utilisations inappropriées ou de surdosage de ces antibiotiques. Bien que la consommation de fluoroquinolones ait diminué de 50% entre 2014 et 2023, la France maintient un niveau de prescription supérieur à plusieurs pays européens, avec 2,2 millions de délivrances annuelles.
L'ANSM recommande donc aux patients auxquels ont été prescrit des fluoroquinolones de faire preuve d'une prudence particulière et de consulter leur médecin dès l'apparition de symptômes inhabituels, notamment les signes d'alerte tels que douleurs musculaires ou articulaires persistantes, et battements de cœur irréguliers. Et l'automédication sans prescription médicale (par exemple en utilisant des restes de traitements précédents) est évidemment plus que proscrite.
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