Comprendre le syndrome de Diogène
Ainsi baptisé en 1975 en référence au philosophe grec Diogène de Sinope, ce syndrome était auparavant désigné par le terme « syndrome de décompensation sénile », à ne pas confondre avec la démence sénile à laquelle il peut être associé.
Loin d’un simple manque d’hygiène ou d'une accumulation excessive d'objets, le syndrome de Diogène est un trouble comportemental complexe touchant en grande majorité les plus de 70 ans.
Les symptômes du syndrome de Diogène sont variés :
Syllogomanie ou syndrome d’accumulation compulsive (accumulation d'objets inutiles, hors d'usages ou de déchets) ;
Incurie ou négligence de son hygiène et de celle de son logement ;
Misanthropie, isolement social ;
Déni de la gravité de la situation (anosognosie).
Les causes du syndrome de Diogène sont également multiples :
Traumatismes psychologiques (deuil, divorce, perte d’emploi…) ;
Troubles psychiatriques : dépression, anxiété, troubles obsessionnels compulsifs (TOC), ou encore alcoolisme y sont souvent associés ;
Vieillissement : la solitude et la perte d’autonomie peuvent favoriser l’apparition du syndrome de Diogène.
Prise en charge du syndrome de Diogène : traitements et soins indiqués
L’accumulation d’objets et parfois de détritus, le manque d’hygiène et l’isolement peuvent mettre en danger la personne atteinte du syndrome de Diogène : risque d’incendies, infections bactériennes, aggravations de problèmes de santé existants…
Une prise en charge précoce étant essentielle pour minimiser ces risques, il est important de signaler rapidement aux services sociaux de la localité tout cas suspect. En cas de danger, saisissez également les services d’hygiène et de salubrité.
Le syndrome de Diogène étant souvent associé à un trouble psychiatrique ou une démence sénile, le signalement auprès du CMP (centre médico-psychologique) est également recommandé.
Accompagner un proche atteint du syndrome de Diogène
Aider une personne atteinte du syndrome de Diogène demande patience et empathie. Il est essentiel de gagner sa confiance, la pathologie entraînant généralement un fort déni de la situation. Il est également indispensable de s’entourer de professionnels du secteur médical et social : médecin généraliste, gériatre, bailleurs sociaux…
La prise en charge du syndrome de Diogène est multidisciplinaire. Elle intègre :
Une évaluation médicale et psychologique pour identifier les causes sous-jacentes et proposer une prise en charge adaptée ;
Une aide au désencombrement avec des professionnels formés pour nettoyer et trier les objets ;
Un soutien psychologique sous la forme de thérapie individuelle ou collective ;
Un suivi médical psychiatrique, et un traitement médicamenteux si nécessaire ;
Une aide à la réinsertion sociale pour rompre l'isolement.
Si vous pensez que l’un de vos proches est atteint du syndrome de Diogène, rapprochez-vous des services sociaux de votre ville : assistante sociale ou CCAS (Centre communal d’action sociale).
Prise en charge du syndrome de Diogène : remboursement de la Sécurité sociale et de la mutuelle
Le syndrome de Diogène ne dispose pas de traitement médicamenteux spécifique, mais la Sécurité sociale rembourse les soins liés à la prise en charge de ce trouble :
Les consultations chez le médecin généraliste ou le spécialiste (psychiatre, gériatre…) ;
L’hospitalisation, s'il y a lieu ;
Les médicaments prescrits pour traiter les troubles associés (anxiolytiques, antidépresseurs…) ;
Les frais de transport (sous conditions).
Cette prise en charge se fait sur la base de remboursement habituelle de la Sécurité sociale (BRSS), hors dépassement d'honoraires. Elle est ensuite complétée par le remboursement complémentaire de la mutuelle santé, dans la limite des garanties souscrites. La mutuelle peut par ailleurs assurer la couverture de certains soins courants en cas de Syndrome de Diogène, mais non remboursés par la Sécurité sociale, comme les soins de psychothérapie.