L'andropause ne vous dispense pas d'adopter un moyen de contraception. Contrairement à la femme, chez qui la ménopause représente la fin de la fertilité, la production des spermatozoïdes se poursuit jusqu'à la fin de la vie chez l'homme.
La contraception n'est pas qu'une affaire de femme et la vie sexuelle ne s'arrête pas après 55 ans ! Les seniors sont même plus de 9 sur 10 à être satisfaits de leurs rapports sexuels (1). Cependant, même si la fertilité baisse avec l’âge, le risque d'une grossesse non désirée perdure. Retour sur les différents moyens de contraception masculine accessibles aux hommes de 55 ans et plus, leurs effets indésirables, et leur prise en charge par la Sécurité sociale.
De nombreuses formes de contraception masculine existent actuellement. Si certains dispositifs contraceptifs sont bien connus, leur usage peut toutefois nécessiter un contrôle régulier d'efficacité :
Grand classique, le préservatif masculin reste la méthode la plus pratiquée. Facile à utiliser, il protège également des infections sexuellement transmissibles. Cependant, son efficacité, bien que bonne, n'est pas infaillible et reste exposée à certains risques de mauvaise utilisation : elle s'élève à 98 % d'efficacité en théorie, mais à seulement 85 % dans la pratique selon l'Organisation Mondiale de la Santé (2).
L'efficacité dite "théorique" des moyens au service de la contraception, féminine comme masculine, est évaluée selon l'indice de Pearl : il s'agit du nombre de grossesses accidentelles, sur 12 mois, pour 100 femmes ayant utilisé le moyen contraceptif concerné de façon optimale.
Elle est ensuite comparée à l'efficacité pratique, c'est-à-dire le nombre de grossesses accidentelles sur 12 mois de tous les couples ayant utilisé la méthode, de façon optimale ou non (usage incorrect, oubli, etc.).
Cette intervention chirurgicale mineure, qui ne nécessite pas d'anesthésie générale, consiste à sectionner le canal déférent pour empêcher le passage des spermatozoïdes dans le sperme (sans pour autant entraîner de troubles de l'érection). La vasectomie fait partie des méthodes de contraception permanente. Elle est très efficace, à plus de 99 %, en théorie comme en pratique (2).
Grâce à sa mise en place à la base du pénis et du scrotum, à raison de plusieurs heures par jour, cette anneau de contraception thermique permet de freiner la production de spermatozoïdes en augmentant la température des testicules (mécaniquement remontées dans le pubis, et ainsi davantage exposées à la chaleur corporelle). La fiabilité de cet anneau en silicone dépend de l'usage et des cas personnels : son efficacité doit être idéalement contrôlée régulièrement avec un spermogramme.
Mis en place plusieurs heures par jour (comme pour l'anneau), il dispose d'une compresse thermique qui augmente de quelques degrés les testicules. Son l'efficacité réelle doit, là aussi, être régulièrement contrôlée.
Le retrait en cours d'acte sexuel, considéré par certains comme un moyen de contraception d'urgence, offre quant à lui un faible niveau de protection (73 % (2)) à l'instar des méthodes de contraception dites "naturelles" chez la femme (surveillance du cycle menstruel, méthode Billings, température…).
Si la pilule contraceptive est le moyen le plus utilisé chez la femme, les hommes ne disposent pas encore de moyens de contraception hormonale éprouvés ! Certes, l'injection hebdomadaire de testostérone est parfois pratiquée en France, mais de façon très marginale (elle n'est efficace qu'au bout de plusieurs mois, et son usage à long terme n'est pas recommandé par l'OMS).
Cependant, d'autres études et essais cliniques sont pour certains prometteurs, notamment en matière de gel hormonal transdermique (Nes/t, Risug...). Avant leur mise sur le marché, les recherches en cours doivent néanmoins relever des défis de taille, en particulier ceux concernant les effets indésirables potentiellement importants des moyens de contraception hormonale masculine.
Il faudra donc encore un peu de patience pour voir arriver l'équivalent de la pilule ou de l'implant pour femmes arriver sur le marché des contraceptifs masculins. Mais elle pourrait, à l’avenir, devenir une option majeure à la contraception œstroprogestative des femmes.
La vasectomie, évoquée précédemment, est donc le dispositif de contraception pour les hommes le plus efficace à long terme. Cette intervention entraîne, tout comme la ligature des trompes chez la femme, une stérilisation à visée contraceptive. Méthode de contraception permanente, elle consiste à empêcher le transport des spermatozoïdes en sectionnant et bouchant les canaux déférents : elle entraîne ainsi une azoospermie, c'est-à-dire une absence de spermatozoïdes dans le sperme. Simple et rapide, cette intervention chirurgicale est réalisée par un urologue sous anesthésie locale.
Bien qu'elle soit considérée comme une méthode de contraception masculine définitive, la vasectomie offre une option de réversibilité. Le chirurgien peut en effet recréer un passage pour les spermatozoïdes lors d'une opération appelée vasovasostomie. Attention toutefois, car elle ne garantit pas systématiquement un retour à la fertilité : un taux d'échec d'environ 20 % est généralement constaté.
Pour choisir parmi les contraceptifs masculins après 50 ans, plusieurs facteurs doivent être pris en compte :
l’âge (la fertilité masculine comme la fertilité féminine diminuent avec les années),
l'état de santé (certaines méthodes peuvent être assorties de contre-indications en raison d'effets secondaires, par exemple la contraception hormonale notamment pour les seniors),
les préférences personnelles de l'utilisateur, et celles de son ou sa partenaire.
N'hésitez pas à en parler avec votre médecin afin de choisir le dispositif le plus adapté à votre cas, à l'occasion d'une consultation de contraception masculine.
L'andropause ne vous dispense pas d'adopter un moyen de contraception. Contrairement à la femme, chez qui la ménopause représente la fin de la fertilité, la production des spermatozoïdes se poursuit jusqu'à la fin de la vie chez l'homme.
Parmi les dispositifs de contraception masculine, seule la vasectomie fait en effet l'objet d'une prise en charge automatique par l'Assurance maladie. Ce remboursement se fait cependant sous conditions. L'intervention est couverte à hauteur de 70 % du tarif de base, hors dépassement d'honoraires. Les soins de suite (rares et souvent simples) font aussi l’objet d’un remboursement au taux en vigueur. La mutuelle santé complète ces prises en charge, totalement ou partiellement selon le niveau de garanties souscrit.
Certaines mutuelles ou complémentaires santé peuvent toutefois proposer le remboursement, sous conditions, de soins non couverts par la Sécurité sociale, comme certains moyens de contraception.
Pour les hommes de plus de 26 ans, certaines marques de préservatifs (3) sont remboursées à 60 % par l’Assurance maladie, à condition qu’ils aient été délivrés sur prescription médicale (médecin ou sage-femme). Là aussi, votre mutuelle pourra prendre en charge le ticket modérateur.
(1) https://www.petitsfreresdespauvres.fr/wp-content/uploads/2024/02/2022_09_29_Rapport-VIE-INTIME_min.pdf
(2) https://www.inserm.fr/dossier/contraception/
(3) https://www.ameli.fr/pharmacien/exercice-professionnel/delivrance-produits-sante/regles-delivrance-prise-charge/delivrance-contraception